Des projets de latinisation du kurde, de l’ouzbek, du tamasheq (la langue des Touaregs) sont en cours. De plus en plus souvent, les Coréens, les arabophones utilisent des claviers de caractères latins sur leurs téléphones mobiles. La saisie en chinois se fait sur des claviers Qwerty en phonétique, le logiciel proposant les idéogrammes correspondants.
Ce n’est pas nouveau. La « grammaire latine étendue », grande révolution technologique de la Renaissance (Sylvain Auroux) a, portée par l’imprimerie, favorisé la domination occidentale. Le turc et le vietnamien ont été latinisés au 20ème siècle. L’URSS a tenté en vain de latiniser le cyrillique et les langues des « minorités » dans les années 20.
Aujourd’hui, c’est l’usage des ordinateurs et des smartphones qui tire le mouvement de latinisation.
Une technologie qui marche, c’est une technologie qui crée un écosystème, à l’image du smartphone. Précisément : jusqu’à changer la grammaire de l’écriture ?