Gaza: l’arme de la faim est indéfendable

Par Les Obscurs

Quelle que soit la responsabilité des pouvoirs palestiniens, à commencer par les terroristes islamistes du Hamas, dans la situation actuelle des Palestiniens de Gaza, et quelle que soit l’ampleur du détournement de l’aide alimentaire internationale par le même Hamas, rien ne peut justifier l’usage de « l’arme de la famine » par le gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Netanyahu, et l’armée israélienne.

La famine est une méthode de guerre illégale comme le souligne la Croix Rouge internationale, gardienne des conventions de Genève de 1949 qui stipulent : « Il est interdit d’utiliser la famine comme méthode de guerre contre la population civile ». Pierre Haski rappelle qu’en 1863, le code Lieber, première tentative de dire le droit de la guerre, affirmait encore : « Il est légal d’affamer le belligérant ennemi, armé ou non, afin de parvenir plus rapidement à la soumission de l’ennemi ». Le droit change à partir de la première guerre mondiale et l’arme de la famine est interdite par les conventions de Genève et les statuts de la Cour pénale internationale en 2002.

En octobre 2024, la Knesset a interdit l’UNWRA. Dans sa déposition devant la Cour, Israël soutient que l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens constitue une menace pour sa sécurité, notamment à cause de son infiltration par le Hamas.

Depuis plus de deux mois, Israël bloque l’entrée de l’aide humanitaire, et en particulier alimentaire, dans la bande de Gaza. Pas un camion ne passe. Les stocks de nourriture s’épuisent selon les responsables du Programme alimentaire mondial. Saisie à l’initiative de la Norvège, la Cour de justice internationale de La Haye siège depuis la semaine dernière.

Il y a deux jours, Israël a rendu publics les détails d’un nouveau plan d’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza qui ferait appel à des sociétés privées américaines et exclurait complètement l’UNWRA.

Les aspects légaux, institutionnels et politiques ne sont pas secondaires. Mais le plus important est la dérive de la guerre aux Palestiniens voulue par Netanyahu, et soutenue par Trump, vers une barbarie appliquée, tatillonne, et raciste, qui, certes, porte la marque de l’extrême droite israélienne, mais tend à se diffuser dans l’ensemble de la société, à commencer par les soldats appelés impliqués dans la mise en œuvre de la famine.

Ceux qui, en France, ont apporté, à juste titre, leur soutien aux Israéliens le 7 octobre 2023, et dénoncé les massacres djihadistes du Hamas, doivent prendre leur responsabilité aujourd’hui et condamner sans réserve l’utilisation de la famine comme arme de guerre et punition collective des Palestiniens par Israël. Et si on nous reproche une position « seulement » humanitaire, qui ne s’engage pas politiquement, nous répondrons que notre solidarité va aux enfants, aux femmes et aux hommes palestiniens, pas à leurs partis politiques que nous avons désavoués depuis longtemps.

Les positions de notre revue sur le 7 octobre 2023 sont exprimées dans les articles suivants :

« Face au djihadisme » https://lesobscurs.com/2023/10/25/face-au-djihadisme/

« Not in my name 2023. Une tribune collective de Français issus de la culture musulmane » https://lesobscurs.com/2023/11/04/not-in-my-name-2023/

« Retour sur une tribune » https://lesobscurs.com/2024/01/11/retour-sur-une-tribune/

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